article issu du Parisien du 27.03:
Elle a fait passer le message sans crier gare. Discothèque emblématique de Pigalle (XVIII e ) depuis 1986, la Locomotive a publié cette semaine dans nos colonnes une annonce faisant part de la cession de son fonds de commerce, à la suite d’un redressement judiciaire. Autrement dit, la Loco est à vendre… Même si, sur place, on préfère n’en pas faire trop de publicité.
« Ce n’est qu’une proposition de vente, argue Sylvia Stranik, directrice artistique de l’établissement. La Loco est en difficulté, donc si les propriétaires reçoivent une offre satisfaisante, ils l’étudieront… »
En réalité, l’établissement du boulevard de Clichy qui compte 28 salariés décline depuis plus d’un an. « L’interdiction de la cigarette dans les lieux publics (NDLR : le 1 e r janvier 2008) nous a sérieusement porté préjudice, raconte Sylvia Stranik. Les gens qui avaient l’habitude de fumer se sont mis à sortir moins. » L’installation d’un fumoir, en novembre dernier, n’a pas vraiment permis de relancer la machine. Et la crise économique n’a rien arrangé à l’affaire… « Les recettes ont baissé de 20 à 30 % en un an », précise la directrice artistique.
« Une vraie crise de la fréquentation »
Pour remettre la Loco sur les rails, la direction a décidé de multiplier les concerts. Ces derniers mois, la boîte a ainsi invité le groupe Justice, le DJ Laurent Garnier ou encore la formation de heavy metal Rammstein. Surtout, elle a mis le cap sur les locations. Jusqu’à l’an dernier, la Locomotive se refusait à réserver ses trois étages à des soirées privées. Aujourd’hui, elle n’hésite plus à fermer ses portes au public pour accueillir anniversaires d’entreprise, soirées de grandes écoles, arbres de Noël, rallyes ou lancements de produits. Ces événements représentent même désormais 20 % de son chiffre d’affaires. Sans pour autant avoir pu empêcher le redressement judiciaire, la fermeture de l’établissement quinze jours début mars… Et enfin sa mise en vente.
La Locomotive ne constitue pas un cas isolé parmi les établissements de nuit parisiens. « La période est morose, reconnaît Rebecca Le Chuiton, déléguée générale de la Chambre syndicale des cabarets artistiques et discothèques. Il y a une vraie crise de la fréquentation pendant la semaine. » Tandis que le cabaret le Paradis latin a sombré dans le rouge (voir ci-dessous), à partir de samedi, les danseuses de Bobin’O remiseront leurs plumes au placard. Le cabaret de la rue de la Gaîté (XIV e ) n’accueillera plus que des soirées privées jusqu’à nouvel ordre. Bref, il fait bien noir sur la nuit parisienne.
_________________
